De la roche en fusion à la sérénité intérieure : mon chemin vers le yoga et la force des éléments
La vie est un voyage imprévisible, une route sinueuse sculptée par le temps, les épreuves et les rencontres. Si aujourd’hui, j’enseigne le yoga et que je me passionne pour la force brute des volcans et des éléments, c’est parce que mon propre chemin a été marqué par des énergies aussi intenses qu’incontrôlables. J’ai toujours ressenti une attraction viscérale pour ce qui vibre, ce qui bouge, ce qui transforme. Mon parcours, tissé de défis et d’introspection, m’a guidée vers une compréhension plus profonde de moi-même et du monde qui m’entoure.
Je suis née dans un coin du monde où la nature est aussi majestueuse qu’impitoyable : la Terre de Feu, en Argentine. Un lieu où le vent hurle, où les glaciers murmurent leurs histoires millénaires, où l’océan s’étend à l’infini. Là-bas, j’ai grandi avec cette sensation d’être une partie infime d’un tout immense, et pourtant profondément connectée à cette puissance brute. Très tôt, j’ai compris que l’existence est faite de contrastes : le calme après la tempête, la lumière après l’obscurité, la chaleur du feu après le froid mordant de l’hiver austral.
L'appel du mouvement : du défi à l’équilibre
Mon lien avec le mouvement a toujours été instinctif. Avant même de comprendre ce que cela signifiait, je me laissais porter par l’élan du corps, que ce soit en grimpant des montagnes, en esquissant des pas de danse ou en affrontant la rudesse du climat. Le mouvement était mon langage, une façon de canaliser ce qui en moi débordait.
Mais ce besoin de mouvement ne concernait pas seulement le corps : il reflétait aussi une quête intérieure, une recherche de sens, de repères. J’ai toujours ressenti une énergie bouillonnante en moi, une force à la fois créatrice et destructrice, semblable à celle d’un volcan en sommeil. Je me suis souvent demandé : comment trouver l’équilibre entre cette intensité intérieure et le besoin de paix ?
Le yoga est apparu sur mon chemin comme une réponse, ou peut-être comme un pont entre ces deux réalités. Loin d’être simplement une pratique physique, il m’a appris à habiter pleinement mon corps, à écouter ses messages, à comprendre que la force ne réside pas seulement dans l’explosion, mais aussi dans la maîtrise du souffle et la stabilité de l’instant présent.
Le lien avec les forces de la nature : volcan, terre et transformation
Ma fascination pour les volcans n’est pas anodine. Ce sont des entités vivantes, des gardiens de la Terre qui renferment une énergie primordiale. Ils ne demandent rien, ils existent, imposants, imprévisibles, capables de destruction et de renaissance. Leur magma en fusion me rappelle ce que nous portons tous en nous : une force latente, parfois réprimée, parfois libérée dans un élan puissant de transformation.
Les volcans ne craignent pas de changer, d’évoluer, d’exploser pour recréer du nouveau. Et c’est précisément cette métaphore qui me touche : nous aussi, nous traversons des cycles d’effondrement et de reconstruction. Nous avons en nous une puissance brute, une énergie vitale qui demande à être honorée plutôt que combattue.
En enseignant le yoga, j’accompagne mes élèves dans ce processus : apprendre à reconnaître leur propre feu intérieur, à ne pas le craindre, mais à l’apprivoiser, à l’utiliser comme un moteur de transformation. Car la véritable force ne réside pas dans le contrôle absolu, mais dans l’acceptation du mouvement, du changement, de l’inévitable danse entre la destruction et la création.
Pourquoi enseigner ? Une mission plus qu’un métier
Devenir professeure de yoga ne faisait pas partie de mes plans. C’est la vie, avec ses détours inattendus, qui m’a menée sur cette voie. Peut-être parce que j’ai moi-même dû apprendre à me reconstruire, à trouver une harmonie entre mes élans intérieurs et le monde extérieur. Peut-être aussi parce que transmettre, c’est créer du lien, offrir des clés à ceux qui, comme moi, cherchent à canaliser leur force et à trouver une forme de sérénité.
Le yoga n’est pas une fuite. Ce n’est pas une tentative d’éteindre le feu intérieur, mais au contraire, une manière de le faire briller sans qu’il nous consume. C’est une exploration, une discipline, un espace où chaque respiration est une note dans la mélodie du vivant.
Aujourd’hui, en enseignant, je ne prétends pas avoir trouvé toutes les réponses. Je partage simplement ce que j’ai appris sur mon propre chemin : que l’équilibre est une danse perpétuelle, que la force est une alliée lorsqu’on apprend à la canaliser, et que chaque être humain porte en lui une essence aussi puissante et magnifique que celle d’un volcan en éveil.
Nous sommes faits de feu et d’air, de terre et d’eau. Notre voyage est un processus de transformation constante. Et c’est précisément là, dans cette impermanence, que réside toute la beauté de l’existence.

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